Inhalt der Website: Abbaye de Mariastein: Abbaye du saint diacre et martyr Vincent: Fondée à Beinwil vers 1100, transférée à Mariastein 1648, réorganisée par l'étât (en fait suppression) 1874, rétablit dans les droits 1970/71. Malgré toutes les difficultés, les bénédictins sont restés fidèles au sanctuaire de Notre-Dame. En outre, pendant toutes ces anées, ils furent engagés non seulement dans les paroisses d'alentour, mais aussi, de 1906 à 1981, au collège Karl Borromäus à Altdorf. Ces dernières années, la communauté, qui aujourd'hui compte 27 moines, a décidé de se limiter à sa tâche principale. Réaliser la vocation de moine et de prêtre veut dire, pour eux, accueillir les pélerins et les hôtes, se mettre à disposition de ceux qui frappent à leur porte, rendre service au peuple de Dieu, tout en restant à l'écoute du Seigneur et attentifs aux signes des temps.
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À la catholicité s'est ajoutée, ces deux dernières décennies, la mondialisation. Cela se manifeste dans la diversité des langues employées pour les ex-votos. Les "Merci à Marie" des Alsaciens et Jurassiens, les "Maria hat geholfen" des alémaniques de Bâle, de Soleure, du Laufonnais, de la Forêt Noire sont entourés, aujourd'hui, d'inscriptions en italien, espagnol, portugais, anglais, toutes sortes de langues slaves, et de plus en plus en tamoul. Les refugiés du Sri Lanka viennent en grand nombre à Mariastein et y apportent la dévotion asiatique, d'une simplicité profonde et spontanée, qui peut causer quelque embarras dans une Europe sécularisée et scéptique. L'affluence au sanctuaire de gens de nationalités diverses et de religions différentes met en évidence l'universalité du pèlerin, qui est une réalité profondément enracinée dans la condition humaine. Le lieu de pélerinage se présente alors comme un carrefour où le pèlerin, il est vrai, ressemble de plus en plus au touriste. Mais en même temps, le touriste, franchissant le seuil du sanctuaire, peut tout d'un coup se découvrir pélerin, "étranger que je suis sur la terre" (Psaume 119).
Situé aux portes de Bâle, où le nombre de ceux qui se déclarent 'sans confession' est très élevé, et dans une région marquée par l'omniprésence de frontières nationales et cantonales, linguistiques, historiques, confessionelles, le sanctuaire de Mariastein garde le souvenir d'une réalité qui dépasse les expériences quotidiennes. C'est l'après-midi d'un dimanche de printemps ou d'automne que l'on ressent peut-être le mieux l'atmosphère particulière du lieu. On peut alors, sur le parvis ensoleillé de la basilique, avoir une idée de ce qui "arrivera dans les derniers jours, quand afflueront toutes les nations et viendront des peuples nombreux. Ils diront: Venez! Allons dans la lumière du Seigneur" (Isaïe 2).
Le pèlerinage qui ici-bas aboutit dans les grottes rocheuses de Notre Dame éveille en même temps la vision de la Cité sainte et fait naître le goût de la paix sabbatique, malgré les équivoques d'une dévotion populaire quelquefois syncrétiste et malgré les excès du kitsch religieux, qui d'ailleurs fait une bonne affaire, au grand déplaisir des puristes mal à l'aise devant ce pêle-mêle de terrestre et de céleste.